08 mars 2008
MILLÉSIMES 2008 est paru !
Cette année, avec ce millésime 2007, nous allons avoir l’occasion
de voir l’art des vignerons, la force des terroirs et de revenir vers
des vins plus classiques, mieux équilibrés, plus élégants. Il faut
comprendre que la force de nos vins, c’est justement d’apporter une
finesse qu’un bon nombre de concurrents ne peuvent s’offrir. Qu’est-ce
qui différencie en effet un vin français d’un autre ? On a les mêmes
cépages, les mêmes techniques de viticulture et d’œnologie… Il y a
trois paramètres qui font la différence :
- les sols. À l’exception de l’Italie, aucun autre pays ne possède une aussi grande palette de terroirs, dans lesquels on a su planter -c’étaient souvent des moines- les cépages adéquats. Les exemples pullulent, partout : à Chablis (sols kimméridgiens), en Champagne (la craie, le calcaire), en Bourgogne (pierrosité, marnes rouges ferrugineuses, marnes blanches, sols bruns calcaires…), dans la Vallée du Rhône (molasses, quartz roulés, argiles rouges…), dans la Loire (terres argilo-siliceuses -les fameux”silex”, schistes, plateau calcaire -le “‘tuffeau”, craie marneuse…), à Bordeaux (sols graveleux, graviers, croupe de graves garonnaises…), etc.
- les climats. Quels sont les autres vignobles qui possèdent autant de variations climatiques ? Faut-il rappeler l’influence du mistral en Provence et dans le Rhône, de la forêt en Champagne, de l’océan ou des fleuves à Bordeaux, des positions des vignes sur les versants en Bourgogne comme leur altitude en Alsace, de la méditerranée et du vent en Languedoc, etc.
- les hommes. On a des vignerons dont les ancêtres faisaient du vin il y a plus de 500 ans ! On a des hommes et des femmes qui parviennent -malgré les modes et les appels des “sirènes”- à rester au plus haut niveau depuis des décennies, bien avant que l’on imagine même de pouvoir planter des vignes en Australie ou en Californie, bien avant que l’on nous chante les louanges des vignobles de Nouvelle-Zélande, d’Argentine ou de Roumanie.
Bref, on sait non seulement faire du bon vin, ce que tout le monde
peut faire, je vous l’accorde, mais on sait surtout faire des vins
racés, reconnaissables entre mille, qui sentent ce “fumé” bourguignon,
déploient ce “velours” libournais, cette “chair” en Médoc ou à
Châteauneuf, cette “minéralité” à Pouilly ou à Meursault, cette
fraîcheur en Champagne comme dans nos grands liquoreux.
C’est cela notre force : la différence, la variété, l’originalité… La
typicité, ce n’est rien d’autre que l’association d’un sol, d’un
micro-climat, d’une plante et d’un homme.
Vous comprendrez que l’on est loin des producteurs qui se disent
“modernes”, “révolutionnaires”, “découvreurs”, trop imbus d’eux-mêmes…
et nous abreuvent de produits standardisés, au goût régulier chaque
année, confondant le principe de se servir des techniques modernes pour
“coller” à la nature et celui de les utiliser à outrance
(surmaturation, surconcentration…).
Nous, on aime les vins qui ont une âme, qu’ils valent 7 € ou 100 fois
plus, élevés par des vignerons conviviaux, passionnés et humbles face à
la nature. Ces vignerons ont du talent et sont dans ce numéro.
Merci de votre fidélité.
Acheter MILLESIMES en direct (frais de port offerts en France)
31 décembre 2007
VinoVox, c'est parti !
Le voilà, le résultat de notre force sur Internet. Le 1er vrai magazine du Vin sur le Web, alimenté par des centaines d'articles, de liens, de flux, de reportages, de présence sur le terrain... C'est -une nouvelle fois- du jamais vu, et unique ! Le mieux, c'est que vous alliez voir :
29 décembre 2007
Me rejoindre sur My Space
J'ai ouvert mon espace sur My Space en Novembre. Il est personnel, c'est-à-dire que j'y aborde mes passions, notamment l'art contemporain (mon épouse Brigitte et moi projettons l'ouverture d'un "espace" d'art moderne à Auros), la musique, le cinéma et la littérature. Plus d'une centaine d'ami(e)s (112, à ce jour) sont déjà venus me rejoindre, français, italiens, américains, canadiens, belges, artistes, compositeurs, peintres..., j'ai déjà réservé des tableaux, hésite sur une sculpture, ai promis d'aller voir un concert... On se doute que c'est un média exceptionnel pour tisser des liens et partager son expérience. Très agréable, très enrichissant. Le Net, c'est cela, avant tout.
16 octobre 2007
20 sur 20 ?
Je me fais plaisir, et j'y aborde pratiquement tout les sujets : la Boxe (regardez attentivement le jeu de jambes d'Ali, et Bretonnel), Sarkozy (je soutiens plus que jamais), Dido (et des vidéos superbes de Clapton, des Stones, de Dylan, Lou Reed, Brian Ferry, Amstrong, ou Callas), Rugby (de Bernard "Madrange" aux Blacks), ce qui nous met mal à l'aise (dont la précarité et cette pauvreté stagnante dans notre pays riche), Villepin (et sa rancœur), une rubrique houlala (de Catherine Breillat à Paris Hilton, du Japon à Jean-Claude Van Damme), le FMI (Strauss-Kahn, pas mal payé), Goldman (Là-bas), de quoi rire ou pleurer, mais aussi le génie des hommes avec les montres à complications (et un Planétarium époustouflant), les vins Californiens, le scandale d'EADS (info ou intox ?), la Poste, mais encore Kouchner (j'aime bien), Lawrence d'Arabie, Rothko (et Soulages, et Warhol, et Tal-Coat, et Krémègne...), l'iPhone, quelques tacles à Fabius (mais aussi à Royal, Copé, Santini, Juppé ou Jospin), de quoi avoir honte, des conseils pour bien acheter (et éviter des vins à prix incautionnables), un peu de technique (du vin soda aux cavernes de Mars), de beaux vins..., des coups de chapeau (Google, Dominique Ferrandez, Imagine et My Sweet Lord en live...), les vins de Toscane, pas mal de coups de gueule ou tout comme (Toupie, Bollinger, les vins de cépages, Citadelles du Vin...), mes infos préférées (Europe 1, Guillaume Durand), les livres (Alamut, Tourbillon...), bien sûr, puis la crise américaine, ce qui nous fait sourire (dont des articles sur le vin parus dans Le Figaro et Le Monde), les stocks-options (il est bien, Seguin), Brad Pitt, les copeaux de bois, voir et revoir Keyser Soze... le tout noté de 1 à 20, avec humour (quelques vidéos top de Nicolas Canteloup, Gad Elmaled, Florence Foresti), ironie ou conviction. De quoi se divertir mais surtout s'informer sur 20 sur 20 ?
De quoi aussi être content de partager tout cela avec les milliers d'internautes qui nous lisent et, de plus en plus, nous liront, puisque, je le rappelle, nous sommes référencés en 8e et 12e positions dans Google sur plus de 5, 3 milliards (vous lisez bien)... Bon courage à nos concurrents, qui parlent beaucoup dans les chaumières mais sont invisibles sur le Net, le 1er -et seul- média vraiment grand public et mondial, et demain bien plus qu'aujourd'hui.
Merci Google
Il y a quelques jours, je vous confirmais l'exceptionnel record avec l'un de nos derniers sites : 20sur20, sur Yahoo, nous étions déjà en 4e position sur plus de 275 millions de sites.
Aujourd'hui, c'est l'apothéose sur Google (89% du marché, leader mondial) : quand on tape simplement 20 sur 20, nous sommes 8e, 9e et 12e sur plus de 5, 560 MILLIARDS !!!
Ce résultat rarissime est lié à un "melting-pot" de notre action sur le Net, avec mon nouveau blog Perso 20 sur vin ? et les créations de :
http://20sur20.info
http://blog.20survin.net/
http://blog.20vin.info/
http://blog.20-20.fr/
http://blog.20-sur-vin.com/
http://blog.vin-sur-20.com/
http://blog.tv20.fr/
http://blog.vinsur20.eu/
http://blog.vin-sur-vin.eu/
etc, etc...
22 août 2007
Le Guide 2008 arrive en force
Participez aux débats sur AgoraVox et NaturaVox, dans lequels cet article vient d'être publié :
Alsace
Il existe une réelle convivialité des hommes de la région et leurs vins
atteignent une typicité rare, procurant la joie du vin, à des prix qui
ont tendance à monter. Attention à la complexité des terroirs, voire à
l’amalgame entre des crus et des lieux-dits. Il faut rechercher la
fraîcheur et la vivacité, au détriment de vins parfois trop souples,
qui deviennent de plus en plus “douceâtres”. Les millésimes 2005, 2004,
2002 et 2001 sont savoureux, le 2003 a été plus délicat à vinifier (en
Vendanges Tardives, misez sur les 2004, 2001, 2000, 97 ou 89).
Beaujolais
La force du terroir donne une réelle typicité à chaque cru, et les
meilleurs vignerons s’évertuent à sortir de beaux vins, chacun
représentatif du style de son appellation. Pour s’en apercevoir, il
suffit d’objectivité, d’un minimum de connaissance du terrain, de
modestie et de partager l’amour du vin comme le font les producteurs du
Guide. Le 2006 est réussi mais délicat à maîtriser, le 2005 est très
typé, le 2004 est un millésime dense et très aromatique, et le 2003,
trop mûr, beaucoup moins intéressant. En Jura et Savoie, de nombreux
coups de cœur, avec une gamme qui va de la plus grande fraîcheur à la
plus grande complexité.
Bordeaux
Attention aux prix des grands crus 2005, il faut savoir choisir et ne pas se faire avoir.
- Dans le Médoc, la priorité, c’est de laisser s’exprimer son terroir,
en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la
lutte raisonnée, en laissant faire la nature… Il y a une dizaine
d’années, le travail des vignes avait été délaissé dans certains grands
crus, au profit de la vinification et d’expériences à outrance. Si les
techniques modernes sont souvent remarquables, les propriétaires
traditionnels continuent de faire ce qu’ils savent faire, en se servant
des progrès mais sans masquer leur typicité. De Pauillac à
Saint-Estèphe, de Moulis à Margaux, à Listrac comme à Saint-Julien, en
Haut-Médoc et en Médoc, les coups de cœur sont nombreux. En parallèle,
les prix très exagérés de certains vins renommés sont difficilement
cautionnables, surtout pour le 2005. Misez sur les 2004 et 2002, voire
2001, très classiques, encore trop jeunes à boire, et faites-vous
plaisir avec les 99, 97, 96 ou 90.
- Structure, charme, intensité, distinction, les plus grands vins de
Pomerol sont particulièrement sensibles et marqués par leurs sols, très
diversifiés. Ici, nul besoin de s’escrimer à vouloir abuser de la
barrique neuve ou d’une surconcentration pour faire un grand vin, c’est
le terroir qui prime, et signe la distinction. Les 2004, 2003 et 2002
sont très savoureux (le 2002 peut-être même supérieur), le 2001
remarquable, plus fin, le 2000, superbe.
- À Saint-Émilion, si certains se flattent ici d’élever des cuvées très
“spéciales”, il faut plus que jamais tirer un coup de chapeau aux
propriétaires de talent qui élèvent les véritables grands vins de
Saint-Émilion, satellites compris, du plus grand des grands crus au
plus modeste rapport qualité-prix. On partage avec les propriétaires
retenus dans le Guide le plaisir du vin, la modestie face à la force de
la Nature, et cette convivialité propre à la région. Beaux millésimes
2004 et 2001, éclipsés à tort par les 2003 et 2000. Quelques crus ont
remarquablement réussi le 2003, d’autres beaucoup moins, notamment ceux
qui sont trop “confiturés”. Un certain nombre de crus pratiquent des
prix qui ne sont pas justifiés. Comme dans l’ensemble du bordelais,
débouchez les millésimes 2000 à 90 en ce moment.
- Du plus grand vin au plus abordable, on savoure, du nord au sud de
cette “entité” des Graves, une variété importante de styles de vins.
Des crus réellement exceptionnels, issus des territoires de Pessac,
Martillac, Léognan, mais aussi ceux de Podensac, Portets ou
Saint-Morillon, certains d’entre eux, dans les appellations
Pessac-Léognan comme dans celle des Graves, bénéficiant d’un
remarquable rapport qualité-prix-plaisir. C’est le berceau des grands
vins blancs de la région bordelaise, aux côtés de rouges puissants et
typés. Mes dégustations en Pessac-Léognan comme en Graves, des
millésimes 2005 à 2001, confirment mon Classement des valeurs sûres,
celles où le talent des hommes s’associe à la race du terroir. Gare à
certains prix néanmoins, comme à une concentration outrancière chez
certains, au détriment de la typicité. Les blancs 2004, 2001, 2000, 98
ou 97 sont excellents.
- Il y a de tout dans ces appellations de Côtes, de grands vins racés
et typés comme nous les aimons et d’autres cuvées qui font la part
belle à des vinifications trop sophistiquées, peu propices à mettre un
véritable terroir en avant. Il s’agit donc de savoir miser sur les
hommes et les femmes qui le méritent, assumant la grande tradition
bordelaise depuis des années. Misez sur les millésimes 2005 à 2000,
avec l’opportunité du 2004.
- Mon soutien à l’appellation des Bordeaux Supérieur ne date pas
d’hier. Mes dégustations des millésimes 2005 à 2000 confirment
l’exceptionnel plaisir que procurent aujourd’hui ces vins, même si,
comme ailleurs, la différence des terroirs et l’élevage sont toujours
prépondérants. Attention également aux cuvées trop boisées ou trop
concentrées (et bien trop chères), qui n’ont aucun intérêt. Les
meilleurs tiennent la distance avec des millésimes 98 ou 96, excellents
actuellement.
- A Sauternes, l’équilibre géologique et climatique de la région en
fait un milieu naturel idéal pour cette fascinante biologie qu’est le
Botrytis cinerea, ce minuscule champignon qui a le pouvoir d’augmenter
la teneur en sucre des raisins, aidé par les brumes matinales des
automnes qui précèdent un soleil chaud à midi, favorisant sa
prolifération. Terroir oblige, les crus développent leur propre
spécificité, certains très liquoreux, d’autres tout en finesse, et les
prix sont largement justifiés quand on connaît les efforts et la
patience des propriétaires. Plusieurs millésimes, en dehors du 2002 (où
le plaisir est bien rare), comme les 2001, 99 ou 98 sont de toute
beauté. Le 2003 est réussi, certainement moins typé, et le 2004
particulièrement savoureux et classique. Les plus grandes bouteilles à
leur apogée sont aujourd’hui celles des millésimes 96, 95 ou 89, où
l’on atteint le grand art.
Bourgogne
Ici, on ne s’excite pas à faire des vins “putassiers”, privilégiant ce
qui doit l’être : le terroir et le fruit. L’altitude des vignes,
l’inclinaison des pentes, la richesse des sous-sols en ressources
minérales… Tout concourt donc ici, à faire la différence entre un bon
vin et un vin sublime, et cela explique l’extrême diversité des grands
vins bourguignons, qui leur donne cette typicité unique, où l’élégance
prédomine toujours, en rouge comme en blanc. Élever un grand vin, en
effet, c’est être aussi capable de le partager avec passion et
humilité, et cela ne s’apprend pas. Voici donc ces vignerons talentueux
et passionnés que je soutiens, pour lesquels il n’y a nul besoin de
fioritures ni de vinifications “gonflées”, et dont les prix sont bien
souvent largement justifiés, d’autant que les millésimes 2004, 2003,
2002, 2001, 2000 et 99 sont très savoureux. Exceptionnel 2004, en blanc
comme en rouge, qui côtoie donc un 2003 atypique. Le grand 2005 suit le
2004, dans les 2 couleurs, et demande de la patience. Superbes
bouteilles en blancs dans les millésimes 2000, 99, 95 ou 89, alors que
les meilleurs rouges développent leur attrait dans les millésimes 99,
97, 89 ou 85. Attention, les prix remontent, et certains en profitent
trop, ce quyi explique ma sévérité cette année.
Champagne
On est vraiment au sommet dans la région. Mon Classement est encore
remanié cette année, avec des producteurs qui montent en grade… Cette
hiérarchie vient toujours, et avant tout, récompenser les efforts
accomplis, le talent des hommes et leur volonté qualitative. Un bon
Champagne c’est charmeur, un grand Champagne, c’est toujours un plaisir
exceptionnel, que l’on n’a d’ailleurs jamais pu copier ailleurs. Les
hommes et les femmes, les assemblages et les terroirs font, là comme
partout, toujours la différence. Certains “vieux” millésimes sont
remarquables de fraîcheur et prouvent le potentiel d’évolution des
meilleures cuvées. On trouve de remarquables cuvées à des prix très
justifiés, dans toute la gamme, comparativement à d’autres
appellations, et on comprend le sucès de la région.
Languedoc
Je soutiens les hommes et les femmes qui s’attachent à élever des vins
typés par ces terroirs de garrigues, maîtrisant les rendements,
respectant leur spécificité. Les terroirs ont le potentiel pour que
l’on y élève tout naturellement de grands vins racés, sans vouloir
copier telle ou telle appellation plus connue avec des cépages
inappropriés. Pour certains, l’exagération des prix et certaines
“renommées” bien trop récentes commencent à se dégonfler comme des
baudruches. Les millésimes 2004 et 2003 sont réussis, les 2002 et 2000
savoureux.
Provence
Il faut savoir choisir la bonne adresse ici, se méfier des vins et des
prix de “touristes”, et de la grande cavalerie des rouges et rosés de
bas de gamme que l’on débouche parfois. Ceux qui comptent sont ceux de
ces propriétaires qui laissent s’exprimer au mieux les grands cépages
de la région (Grenache, Mourvèdre, Cinsault, Rolle, Ugni blanc…), dans
ces terroirs complexes, argilo-calcaires, caillouteux, graveleux ou
sableux. Eux élèvent des vins formidables dans toutes les appellations,
en rouge, en blanc et en rosé. Idem pour la Corse. L’influence des
millésimes est beaucoup moins marquée ici, et l’on peut estimer une
très bonne série 2004, 2003, 2002 (un ton en-dessous) et 2001. Les
blancs sont souvent remarquables, et les rosés reviennent à la tête de
ce type de vin (2005 superbe).
Sud-Ouest
S’il s’agit de faire attention aux “microcuvées” qui apparaissent, pas
typées et à des prix incautionnables, les meilleurs vignerons
s’attachent ici à élever des vins racés comme nous les aimons. Les vins
ont une réelle typicité, un potentiel de garde (beaux 99, 95 ou 86) où
les cépages et les sols ont leur influence et une véritable présence
historique. Les millésimes 2004, 2003 et 2001 sont des réussites.
Quelques rapports qualité-prix-plaisir exceptionnels, en rouges, en
blancs secs et en liquoreux (millésimes 2004, 2000, 95 ou 90).
Val de Loire
De la Touraine au Pays Nivernais, du Pays Nantais à l’Anjou-Saumur, la
typicité s’allie à un rapport qualité-prix régulièrement remarquable et
tout concourt au plaisir du vin. Les hommes élèvent des vins à leur
image. Pour les blancs secs, de très grandes bouteilles en Pouilly-Fumé
comme à Vouvray, à Sancerre comme à Savennières ou à Saumur. Les
liquoreux sont exceptionnels, notamment en Coteaux-du-Layon ou Vouvray,
et les rouges associent charpente et fraîcheur, du plus souple
(Touraine, Bourgueil, Sancerre…) au plus charnu (Chinon,
Saumur-Champigny…), des vins qui s’apprécient jeunes mais savent aussi
garder la distance (remarquables 2000, 98 ou 95). Le millésime 2002 est
très réussi en blancs, difficile en rouges, et les 2004, 2003 et 2001
sont savoureux. Beaux liquoreux en 2004, 2003 et 2001, et un millésime
2005 très typé, très prometteur.
Vallée du Rhône
De Vienne en Avignon, les vins rouges et les blancs, du plus
prestigieux au plus méconnu, sont denses, racés et chaleureux, et, pour
la plupart, bénéficient d’un très beau rapport qualité-prix-typicité.
Viennent alors se rejoindre la convivialité, le terroir, et la main de
l’homme, qui font toujours la différence. Le millésime 2003 est parfois
très mûr, le 2002 a été très difficile à maîtriser, et le 2004 très
classique, très réussi. Il faut aussi prendre le temps de conserver ces
vins, car on débouche de grandes bouteilles actuellement dans des
millésimes comme 98, 95, 90 ou 85, voir la Vintage Code ©, page 37.
© Voir le GUIDE DUSSERT-GERBER DES VINS DE FRANCE 2008 (Editions Albin Michel).
07 mai 2007
L'accord idéal des vins et des mets
La règle de base : savoir s’adapter à la gastronomie et aux habitudes alimentaires de chaque pays. La gastronomie d'un pays explique en effet toujours le vin que l'on y produit, et vice-versa. Si les vins rouges espagnols ou grecs sont corsés et riches, c'est parce qu'ils s'adaptent parfaitement avec les plats épicés que l'on prépare dans ces pays. C'est le même cas à Bandol ou au Chili.
Les vins blancs secs et moelleux ont une explication plus pragmatique : on les boit soit (et surtout) en dehors des repas, à l'apéritif ou en soirée, comme on le fait en Allemagne ou en Californie, soit à table, avec des mets recherchés, qui vont de l'escalope de veau à la crème avec un Meursault, au foie gras avec un Sauternes.
A l'apéritif, nous avons le choix : les vins blancs secs donc, les liquoreux, ceux de Muscat (Grèce, Chypre, Afrique du Sud, France), comme les vins vinés (du Madère au Banyuls). Sans oublier les innombrables alcools blancs (Gin, Vodka) ou non (Whisky, Porto...), purs ou en cocktails. Les rouges ne sont pas réellement faits pour cela.
En fait, on comprend beaucoup mieux le style des vins californiens ou australiens quand on goûte les mets locaux. Peu d'habitudes de repas, comme ceux que nous connaissons, aux États-Unis , et ceci explique que les vins à la mode soient des blancs secs ou des rouges outrageusement parfumés, qui masquent le contenu de l'assiette, ou que l'on boit à d'autres occasions.
A l'inverse, en Bulgarie comme en Italie, en France comme en Espagne, la gastronomie, omniprésente, vient s'associer avec chaque type de vin, selon chaque région (beaucoup de plats sont d'ailleurs faits au vin dans ces pays). Sur un tout autre plan qualitatif, il en est de même en Chine, où les épices s'accordent très bien avec les eaux-de-vie comme le Brandy à l'eau...
A L'APÉRITIF
Champagne ou autres mousseux, Sauternes, Xérès, Porto, Vins Doux Naturels et la plupart des vins blancs secs ou moelleux du monde comme un beau Muscat de Patras, en Grèce.
AVEC LES ENTRÉES
Asperges : un Muscat d’Alsace.
Artichaut : un bon rosé sec d’Anjou.
Avocat : des blancs secs (Sauvignon, Gewurztraminer), voire légèrement moelleux (Rheinpflaz Spätlese ou demi-secs d’Anjou).
Caviar : Corton-Charlemagne, Champagne, Pouilly-Fumé, Vodka.
Choucroute : Tokay d’Alsace ou Riesling allemand.
Escargots : un Bourgogne, rouge ou blanc. Sinon, des vins italiens comme le Nebbiolo ou le Brunello.
Foie gras : Champagne rosé ou de grand millésime, assez vineux, Gewurztraminer et Tokay de vendanges tardives si le foie d’oie est alsacien, Barsac ou Sauternes si c’est un foie de canard du Sud-Ouest, voire un Porto Vintage.
Jambon de Parme ou de San Daniele : blancs secs (italiens bien sûr, comme le Chianti, voire un Mâcon-Villages); essayez aussi des blancs moelleux alsaciens ou allemands. Avec les jambons de montagne classiques, prenez les vins de la région ou du pays.
Œufs : des rouges légers et frais (Beaujolais...), voire un Clairet de Bordeaux ou un rosé de Tavel.
Pâtes, sauce à la crème : blancs secs italiens, voire un Dolcetto rouge.
Pâtes, sauce tomate : les rouges italiens bien évidemment (Chianti Classico, Barbera...), ou un Côtes-du-Rhône-Villages.
Pâtés et terrines : des vins assez typés, solides comme un cru du Beaujolais (Morgon...), un Madiran, un Chinon, ou des vins rouges espagnols...
Potages : soit un Champagne (rosé, de préférence), soit des rouges frais et jeunes (Beaujolais, Lambrusco...).
Quiche : un Tokay d’Alsace jeune, ou des demi-secs de Loire.
Paella : bien évidemment, les vins espagnols rouges, puissants et épicés, voire un Bandol rouge ou un Côtes-du-Rhône-Villages.
Saumon fumé : Pouilly-Fumé (ma préférence) ou Xérès fino.
Terrines de légumes : des vins blancs légers (Italie, Loire).
AVEC LES FRUITS DE MER ET LES CRUSTACÉS
Coquillages : un vrai Muscadet, ou un blanc très sec et très jeune comme le Vinho Verde du Portugal.
Coquilles Saint-Jacques : soit un blanc sec et onctueux à la fois (Graves, Pouilly-Fuissé, Chablis), soit un blanc moelleux si elles sont préparées à la crème. Les vins de Chardonnay et Sémillon provenant de l'Afrique du Sud et de la Californie conviennent.
Crevettes : la plupart des blancs, et surtout ceux d’Alsace, d'Allemagne et d'Autriche.
Cuisses de grenouilles : un blanc plus rond, fruité comme un Entre-Deux-Mers, un Sauvignon de Loire ou d'Australie.
Écrevisses : un Pouilly-Fumé.
Homard : des vins suaves et parfumés comme les Corton-Charlemagne, Meursault, Tokay d’Alsace ou Rheingau Spätlese d’Allemagne.
Huîtres et moules : Sylvaner, Muscadet, Entre-Deux-Mers, Vinho Verde, et bières...
AVEC LES POISSONS
Bouillabaisse : des blancs (Cassis, Bandol, Côtes-de-Provence), voire un rosé frais et fruité.
Poissons grillés : des vins blancs secs (Anjou, Mâcon, Vinho Verde, Pinot blanc, Entre-Deux-Mers...).
Poissons en sauce ou à la crème : des vins blancs puissants (Meursault, Tokay, Rheingau Spätlese), voire liquoreux.
Poissons de rivière : des vins blancs relativement secs comme le Sancerre, un bon Bourgogne blanc (Chassagne-Montrachet), un Riesling d’Alsace ou d’Allemagne.
Sardines fraîches : Vinho Verde, ou un autre blanc très sec et très frais.
Saumon grillé : des vins blancs puissants (Pouilly-Fuissé, Chablis, Montrachet).
AVEC LES VIANDES
- Avec les viandes blanches
Brochettes et côtelettes d’agneau : la plupart des vins rouges, avec une préférence pour les Bordeaux relativement souples ou un Bardolino italien.
Gigot d’agneau : des Bordeaux plus tanniques (Médoc), un Barolo italien et un Zinfandel de Californie ou d'Afrique du Sud.
Curry d’agneau : un vin blanc onctueux et épicé comme le Gewurztraminer, un Rheinriesling allemand ou d'Afrique du Sud, voire un grand Condrieu ou un Hermitage.
Jambon, côtes et rôti de porc : des rouges légers (Barbaresco, Beaujolais, Chianti, Pinot d’Alsace).
Côtes, escalopes et ris de veau : des rouges légers également, tout en rondeur (Argentine, Italie, et vins de Pinot noir) .
Côtes, escalopes et ris de veau à la crème : un grand Bourgogne blanc (Puligny-Montrachet ou Meursault), voire un rouge suave comme le Dolcetto ou le Tignanello.
Moussaka : vin rouge grec ou Mavrud.
Rognons : des vins riches et corsés, rouges ou blancs selon leur préparation (crus de la vallée du Rhône, Chianti, Rioja, vins d'Afrique du Sud et du Chili).
- Avec les viandes rouges
Bœuf rôti : la plupart des vins rouges assez corsés et tanniques, avec une préférence pour les Bordeaux, et autres vins de Cabernet-Sauvignon et de Merlot (Afrique du Sud, Chili), relativement jeunes. Les vins italiens vont parfaitement (Tignanello, Montepulciano, Gattinara).
Bœuf bourguignon (ou pot-au-feu) : le même vin rouge que celui employé pour la cuisson, et tout particulièrement un Bourgogne puissant (Mercurey, Pommard, Nuits-Saint-Georges), un Gigondas, un Côte-Rôtie, un Rioja, un Mavrud, un Bandol, un vin chilien ou un Barolo.
Gigot en croûte : rouges souples, intenses et parfumés comme ceux du Libournais, d'Afrique du Sud, du Chili et d'Italie.
- Avec les volailles et le gibier
Canard : des vins puissants et parfumés comme un Hermitage, un Châteauneuf-du-Pape, un Moulin-à-Vent, un Pommard, un Tignanello ou un Barolo italiens, un Cabernet-Sauvignon du Chili, un Shiraz d'Afrique du Sud, un Corton ou un Pauillac.
Confit de canard : des vins corsés (Madiran, Cahors, Saint-Émilion, Barolo, Nebbiolo, Zinfandel).
Oie : soit un vin blanc légèrement moelleux (Anjou...), soit des rouges frais et légers (Chianti, Beaujolais, Touraine...).
Oie (farcie) : des vins souples et fruités comme le Valpolicella,
ceux du Penedés, un Médoc (et par extension, les autres rouges issus du
Cabernet-Sauvignon comme ceux de Californie, de Nouvelle-Zélande ou de
Bulgarie), ou un Côte-de-Beaune.
Poulet rôti : la plupart des vins rouges assez jeunes. Les vins
d'Argentine vont bien comme ceux de la vallée du Rhône et de Bordeaux.
Poulet à la crème (ou en sauce) : surtout des blancs demi-secs ou moelleux de Loire, un grand Bourgogne blanc (Chassagne-Montrachet, Auxey-Duresses), et des vins de Chardonnay provenant de Nouvelle-Zélande ou de Californie.
Gibier à plumes : des rouges corsés (Pommard, Hermitage, Moulin-à-Vent, Bandol, Barolo, Saint-Estèphe...), voire des blancs de vendanges tardives. Pour l'exotisme, un Zinfandel de Californie ou d'Afrique du Sud, et les vins issus de la Syrah.
Gibier à poils : des rouges encore plus puissants, parvenant à maturité (Côte-Rôtie, Rioja, Barolo, vins de Syrah plus âgés d'Afrique du Sud, vins chiliens de Cabernet-Sauvignon).
AVEC LES FROMAGES
En réalité, et contrairement à des habitudes de consommation courantes, ce sont les vins blancs qui s’accordent le plus avec les fromages.
Fondue au fromage : impérativement des vins blancs de montagne (Savoie, Suisse, Italie du Nord, Australie...).
Fromages de chèvre : un Sancerre ou un Anjou demi-sec, sinon un Vinho Verde portugais.
Fromages à pâte sèche : des blancs secs de montagne ou légèrement moelleux (Val de Loire, Allemagne, Hongrie).
Fromages doux à pâte molle : des rouges légers et fruités (Beaujolais), et des blancs parfumés (Savoie, Suisse, Alsace, Italie, Australie...).
Fromages forts à pâte molle : vins blancs secs ou demi-secs (Anjou, Gewurztraminer, Tokay, Auslese d’Allemagne ou d’Autriche, Châteauneuf-du-Pape, Saint-Joseph...). Goûtez aussi un Barolo, un vin du Chili, ou un cru de la vallée du Rhône.
Fromages persillés : en dehors d’un grand Porto Vintage (ma folie sur un roquefort), uniquement des grands vins blancs moelleux et doux d’Alsace (Gewurztraminer vendange tardive), d’Allemagne (Trockenbeerenauslese d’Allemagne), de la Loire (Quarts-de-Chaume, Bonnezeaux), de Bordeaux (Sauternes), ou de Xérès. Sinon, les vins vinés d'Afrique du Sud ou d'Australie.
AVEC LES DESSERTS
Avec la plupart des desserts (à l’exception des fruits et des glaces), les vins doux comme un Muscat de Beaumes-de-Venise ou de Patras (Grèce), un Madère, un Porto, voire, plus simplement, le fameux Asti Spumante (Italie).
Plus liquoreux, un Sauternes, un Moscatel, un vin de Chypre ou un superbe Tokay hongrois, un Quarts-de-Chaume de la Loire ou une vendange tardive d’Alsace ou d'Allemagne.
Avec le chocolat : un Banyuls Rimage, un vieux Porto Vintage, ou un Tokay de nouveau.
EN DIGESTIF
Poursuivez soit avec un Porto Vintage si vous l’avez pris sur le fromage, soit dans les grands spiritueux traditionnels comme un Bas-Armagnac, un Cognac X.O., une eau-de-vie de fruits (Prune, Poire Williams...), une liqueur (une crème de mûre pure, par exemple), voire un Whisky de malt.
21 avril 2007
Le Top 2007 des vins de Loire
Par Patrick DUSSERT le mercredi 21 mars 2007, 20:33

Le Classement regroupe les
vins d’Anjou-Saumur, de Touraine, du Pays Nivernais et du Pays Nantais… Du
Sancerre au Muscadet, du Coteaux-du-Layon au Pouilly-Fumé, du Vouvray à Saumur,
la région est riche en terroirs et en saveurs, du blanc sec racé à des
liquoreux de haute volée, et des vins de mousse tout en finesse. Tous ces vins
sont très typés par des sols spécifiques (silex, schistes…) où des cépages très
appropriés (Sauvignon, Chenin…) se complaisent à merveille.
Voir les meilleurs vins de l'année : http://www.millesimes.fr/classement.php?rech1=VAL-DE-LOIRE
20 avril 2007
Les meilleurs vignerons de l'année
Après un tour de 6 mois dans la plupart de nos vignobles, des centaines de dégustations, des rencontres, des interviews... voici ce que l’on doit retenir cette année.
Accès direct aux meilleurs producteurs, région par région : http://www.millesimes.fr/
Accès direct aux Classements 2007 : http://www.guidedesvins.com/
Voir aussi le blog personnel de PDG : http://patrick.dussert-gerber.com/
ALSACE : les vins ont-ils évolué ?
L’Alsace est une région toujours aussi forte qui ne rencontre pas de difficulté particulière. Il faut quand même dire que, depuis quelques années, on dégustait des vins plus douceatres avec beaucoup moins d’acidité. Deux paramètres pour l’expliquer : soit c’est l’évolution climatique qui donne des vins plus doux et moins acides et là c’est logique dans des millésimes comme 2003 ou 2005, soit c’est une volonté délibérée ou une mode. Si c’est le cas, attention au risque de dépersonnaliser ces crus. Un Riesling ne doit pas être suave mais, au contraire, bien sec, et l’acidité est nécessaire pour l’équilibre et la typicité de ces vins. J’affectionne particulièrement l’Alsace (quelques origines d’Andlau), la bonne humeur des vignerons, le plaisir de pousser la porte d’un winstub, bref, celui de partager l’amour du vin. Je connais parfaitement le vignoble et il y a un bon nombre de producteurs que j’estime et soutiens depuis mon premier Guide, ce qui ne nous rajeunit pas (Gresser, Schléret, Hauller, Berger, Klein, Jung, Schaeffer-Woerly, Haegi, Rolli, Dussourt, Reinhart, Materne Haegelin...) et d’autres, découverts il y a une dizaine d’années comme Odile Weber, Ruhlmann, Beck, Engel, l’exemplaire Cave de Hunawihr... Et puis, comment résister à ces gouffres d’arômes que sont les Sélections de Grains Nobles et les Vendanges Tardives (issues particulièrement des Gewurztraminer Pinot Gris).
BEAUJOLAIS : les vins sont-ils reconnus comme ils le méritent ?
Paradoxalement, alors qu’un bon nombre critiquent cette région, c’est aussi celle qui fait beaucoup d’envieux avec cette extraordinaire réussite du Primeur, du vin nouveau, que, ni la Touraine, ni Gaillac ou les Côtes-du-Rhône n’ont pu contrarier. En Beaujolais, on parlait de crise mais ceux avec lesquels nous travaillons dans Millésimes ou qui nous envoient des échantillons pour le Guide s’en sortent bien, leurs prix sont très abordables, n’augmentent pas et cela prouve qu’ils conservent leur clientèle. C’est ce qui compte par dessus tout. Il me semble qu’enfin, en France, on a compris aussi que les Beaujolais pouvaient être des vins très charmeurs, très agréables mais aussi très typés et divers, des vins qui méritent d’être pris au sérieux, et pas uniquement des Primeurs à boire frais et jeunes. Là encore, il y a des incontournables : Franck et Georges Dubœuf, jalousés mais exemplaires, et un bon nombre de fidèles dont les vins, dans des appellations de Crus comme Juliénas, Moulin-à-Vent, Morgon ou Brouilly créeraient bien des surprises dans des dégustations “à l’aveugle”. On peut citer facilement Chavagnat, Mortet, Siffert, Miolane, Brisson, Chignard, Champagnon, Boisfranc, Lacarelle, Baronnat, Combe aux Loups, Clos du Fief, Pérelles, Py de Bulliat...
VAL DE LOIRE : la pérennité, sans péripéties.
Le vignoble de la Loire est très disparate car il est très étendu. Je connais bien, j’ai débuté ici.Pour les vins blancs, on retrouve les incidences de ces étés très caniculaires qui assouplissent les vins. Cela se ressent beaucoup moins à Sancerre, à Pouilly ou en Anjou, car le Sauvignon notamment sait conserver cettre fraîcheur qui fait sa spécificité. Un plaisir de dégustation que l’on ne retrouve jamais dans les vins étrangers souvent trop ronds et pas du tout rafraîchissants. Il y a bien sûr des différences qualitatives entre les différents vignobles. A Pouilly ou à Sancerre, ce sont des vignobles très intéressants mais qui doivent faire attention à ne pas galvauder leur notoriété, en produisant trop. Certains vins sont parfois surcôtés et il ne faudrait pas que la clientèle se demande, à un certain moment, si elle ne paye pas trop cher des vins qui ne le méritent pas. Je recherche toujours des bons rapports qualité-prix et vous trouverez les meilleures adresses dans les lignes qui suivent. Pour vous mettre en bouche, dans le Pays Nivernais, par exemple, on ne se trompe pas en poussant la porte de Thierry Redde, d’Henry Natter, des Pabiot, d’Alphonse Mellot, de Nicolas Brock, de Balland, Chevreau ou Pascal Gitton.
Toujours en blancs secs, quelques producteurs de Muscadet sortent toujours du lot, se refusant à trop arrondir leurs vins, respectant ainsi leur particularité (Dabin, Chéreau, Morilleau...), et un bon nombre d’autres élèvent de grands vins de Chenin ou de Sauvignon, aux environs de Tours, de Saumur et d’Angers (Brézé, Louet-Arcourt, Éternes, Chaise...). Ne pas oublier les Crémants et Saumur ou Vouvray, dont la locomotive incontournable est Patrice Monmousseau (Bouvet), suivi de quelques autres (Beauregard, Valmer...).
Dans le reste des appellations, par exemple, en Saumur-Champigny, Chinon... les vins restent à des prix très accessibles, ce sont des vins servis dans les restaurants grâce à leurs prix très attirants, leur qualité est certaine, les vignerons ont toujours fait des efforts, et ne sont pas rentrés dans l’engrenage de la surmaturation ou d’une surconcentration en barriques, restant fidèles à la typicité de leurs sols où se plaît parfaitement le Cabernet franc, et je les soutiens. Il suffit de citer Filliatreau, Pisani-Ferry, Buisse, Couly, Raffault, Jamet, Chaintres, Guilloterie... pour avoir des vins remarquables. Idem en Touraine (Marionnet, Mandard...), ou en Anjou-Saumur (Aupy, Paleine...).
L’autre grande force de la Loire (côté ouest), ce sont des moelleux et liquoreux de haute volée, qui, comme ceux d’Alsace, dament le pion aux “historiques” liquoreux bordelais qui ont eu tendance à s’endormir sur leurs lauriers. Vouvray, Quarts-de-Chaume, Bonnezeaux, Coteaux-du-Layon, autant de viviers pour exciter ses papilles avec des vins chaleureux, d’une très grande expression aromatique, de lente évolution, à des prix partticulièrement sages chez Chéné, au Clos de l’Epinay, à La Varière, L’Été, Aubert, Fardeau, Godineau...
BOURGOGNE : inattaquable pour ses vins blancs, mais on entend (et on lit) beaucoup moins d’amabilités sur les rouges. Qu’en-est-il ?
La Bourgogne est un cas à part car c’est un “petit” vignoble en France. Certes, la Bourgogne du sud dans le Mâconnais est une région assez grande mais quand on parle de la Bourgogne on fait plutôt référence à la Côte de Nuits et à la Côte de Beaune. Si l’on s’en tient donc à ces deux entités, je trouve que depuis 7 ou 8 ans les vins sont exceptionnels, que ce soit en blanc comme en rouge. On déguste des vins qui conservent cette puissance de rondeur, de souplesse et de suavité mais aussi cet équilibre avec l’acidité qui en fait des vins de longue garde.
Globalement les Bourguignons n’ont pas changé leur façon de faire le vin. Ils ont, bien sûr, évolué et se servent des techniques modernes, et c’est bien normal, mais les grands vins de Bourgogne sont quand même les mêmes que ceux que l’on goûtait il y a quelques années. Ils ont eu raison de ne pas se laisser tenter par les “sirènes” ou “confrères” qui leur demandaient de faire des vins avec plus de couleur, toujours plus concentrés... et on se rend compte que les clients acquiescent cette politique car les vins sont pré-vendus.
En blanc, c’est sûr, il n’y a aucune concurrence. Si besoin est, débouchez les flacons d’Ampeau, Antonin Guyon, Clos des Perrières, Prieur-Brunet, Carillon, Doudet-Naudin, Jaffelin, Darviot, Marey, Blondeau-Danne, Dubreuil-Fontaine, la majorité (vous lisez bien) à des prix particulièrement justifiés ou abordables. Idem à Chablis, avec des Grands et Premiers Crus très racés que l’on savoure chez Tremblay, Robin, Moreau, Geoffroy ou Laroche, toujours incontournables. Plus au sud, il y a la famille Vincent, à Fuissé ou Protheau à Mercurey, qui valent le détour. Beaucoup d’autres suivent, et sont retenus régulièrement dans mon Guide et Millésimes.
En rouge, certains pensent, en effet (et proclament, mais il faut pardonner l’ignorance), que les vins de Bourgogne ne font pas partie des plus grands vins du monde, ne parlant que de Bordeaux. Je suis intimement convaincu du contraire, quand on goûte des vins assez vieux (1976, 1989, 1996, 1997...) mais aussi les derniers millésimes, les vins sont très équilibrés, toujours assez légers en couleur mais c’est normal avec le Pinot noir. On ne plante pas du Grenache ou de la Syrah ici, et la couleur n’a rien à voir avec la qualité du vin, et encore moins avec son potentiel d’évolution. Franchement, n’y-a-t-il pas de quoi être heureux, dans toute la gamme, à tous les prix, avec les vins de Lamarche, Thomas-Moillard, Trapet, Rebourseau, d’Angerville, Clos des Lambrays, Esmonin, Monts-Luisants, Leclerc, Audoin, Prunier, Patriarche, Gerbet, Joliot... On se rend compte également que ceux qui commencent à boiser trop leur vin ne font que le dessécher, mais les cas sont minimes et proviennent surtout de quelques négociants beaunois, attirés par de bonnes notes de critiques, pour pouvoir exporter, comme les mouches par le miel.
VALLÉE DU RHÔNE : les vins sont bons et charnus.
C’est un grand vignoble, très étendu, et les vins sont très disparates. En crus comme à Châteauneuf-du-Pape par exemple, tout va bien, les vins sont cohérents quant au rapport qualité-prix qui est en accord avec la typicité et le potentiel d’évolution. Montredon, Quiot, Fortia, Mathieu... font des vins chaleureux, et, somme toute, très abordables quand on parvient à un tel niveau de qualité. Même si j’ai goûté ici de très bons vins depuis le premier Guide, les efforts se sont poursuivis également dans les appellations alentour, comme Gigondas, par exemple, où l’on se fait plaisir avec des vins à 10, 15 €, à Rasteau et à Visan, on trouve des vins formidables à des prix moindres. Vous remarquerez que ces appellations ont souvent pour fer de lance leur caves, ce qui en fait un bel exemple de solidarité qualitative et d’une motivation de toute la production.
Le Nord, avec Condrieu, Cornas, Saint-Joseph ou Côte-Rôtie, est également un vivier de beaux vins, bien que certains se soient orientés vers quelques cuvées trop puissantes ou trop marquées par le bois neuf, course à l’export oblige, encore hélas.
__PROVENCE : vers une remontée forte du rosé ? __ Ici, les vignerons ont la chance d’avoir un climat exceptionnel grâce au mistral. Ce qui a le plus évolué, c’est que l’on assiste à une belle remontée de la qualité du rosé. De gros efforts qualitatifs ont été fournis, et les rosés de Provence des propriétaires que nous connaissons (je ne parle pas de la “grande cavalerie”, toujours existante) sont redevenus des vins tout à fait intéressants avec une typicité en fonction de leurs cépages, de leurs appellations, et il y a une belle reprise de confiance des amateurs. Et là, en plus, il n’y a aucune concurrence au niveau mondial, car il n’y a rien de similaire ailleurs. L’appellation des Coteaux d’Aix en Provence va dans ce sens et l’on ne peut que l’encourager.
C’est donc un bon créneau, s’il tire vers le haut, mais qui ne doit surtout pas masquer pour autant les vins exceptionnels que l’on trouve (plus rarement) en rouge et en blanc. Passez à Bormes-les-Mimosas (Malherbe), à Taradeau (Rasque), à Bandol évidemment (Bronzo, Bunan, Olivette, Lafran-Veyrolles, Suffrene...), revenez en Côtes-de-Provence (Brégançon, Élie Sumeire, Jas d’Esclans, Sauveuse...) et vous aurez de quoi faire avec des vins complexes et charnus en rouges, suaves et vifs en blancs, qui demandent tous une cuisine raffinée et riche. Tous les vins de mes Classements sont à un beau niveau.
LANGUEDOC : est-ce toujours l’avenir ?
En Languedoc, on se cherche, et depuis bien longtemps. Faut-il faire du vin de table, du vin de qualité, planter, arracher, créer des micro vins, faire des vins de cépages, vendre de la marque Merlot ou Chardonnay (qui n’a pas grand chose à faire dans le coin) selon la cible potentielle, faire des produits pour les jeunes, pour les femmes, pour le 3e âge... La politique, les pouvoirs publics se mêlent et s’emmêlent depuis quarante ans, sans trouver de solution.
Ici, il y a également une crise sociale injustifiée à résoudre (comme à Bordeaux, on le verra plus loin) et il n’est pas excusable que le travail de centaines de producteurs ne soit pas rémunéré décemment. Ce n’est pas normal, et encore moins de dire que c’est de la faute des vins du “nouveau monde”.
Je ne soutiens pas non plus les regroupements massifs tentés ici ou là, à Bordeaux comme à Narbonne, qui vont sûrement profiter aux “gros” distributeurs, même si, et j’en suis conscient, on a également besoin des meilleurs d’entre eux pour écouler la production. Mais on peut vendre sans perdre son identité d’appellations ou de territoires. La nouvelle mention “Sud de France”, par exemple, si elle apporte peut-être un éclaircissement sur l’ensemble de la région, va à l’encontre de ce que je crois : développer les niches plutôt que d’amalgamer les appellations, en perdant ainsi le peu de lisibillité que l’on a, en gommant encore plus l’identité...
Le Languedoc, ce Sud de la France, ce n’est quand même pas une marque de négociant !
Sur un autre plan, je ne suis pas certain que l’on ait découvert l’eldorado, même si l’arrivée massive d’investisseurs et de bordelais a permis d’acheter des terres à bon prix et d’avoir quelques coupures de presse. De nombreuses cuvées spéciales sont trop “spéciales” justement, et cela engendre une dénaturation des vins, on goûte beaucoup de vins assez écoeurants, surboisés avec des micro-cuvées trop chères. Ce problème s’étend aux vins de cépages. Ne fait pas Daumas-Gassac qui veut.
Il n’y a donc pas de mystères dans la région, et les territoires sont connus. Les meilleurs producteurs élèvent des vins racés et typés, qui ont su conserver leur spécificité qui se dévoile au travers des cépages de la région, chacun s’exprimant au mieux selon les sols d’alluvions, d’ardoise, de schiste ou de calcaire, en bénéficiant d’un beau rapport qualité-prix. Vous les trouverez en Corbières (Grand-Caumont, Vaugelas, Simone Martinolle, Étang des Colombes...), en Minervois (Fabas, Blomac, Villerambert-Moureau, Barroubio...), en Coteaux du Languedoc (Cave de Roquebrun, Mire-l’Étang, Saint-Martin des Champs...) et en (rares) vins de pays.
SUD-OUEST : calme plat
J’aime bien ces vins.Ils sont bons, abordables (pas tous, il y a des cuvées à prix vraiment déments, je les oublie dans mes écrits). Par contre, on sent une sorte d’inertie parmi les viticulteurs ou la profession, on ne sait pas si c’est passager mais on n’entend pas beaucoup parler de Fronton, de Cahors, de Bergerac, de Gaillac, de Jurançon ou de Madiran, qui manquent de visibilité. On voit de temps en temps de grandes affiches dans les rues des vins de Bergerac, un dossier de presse sur Gaillac, un autre sur le Cahors “primeur”...
Là encore, on s’est “regroupé”, soi-disant pour avoir les moyens de sa promotion. ?On attend de voir, et chaque syndicat fait ce qu’il veut. Ce qui compte, c’est de frapper à la bonne porte, ceux que nous soutenons depuis longtemps sont toujours à la tête de leur appellation, ont confiance dans leur gamme, et nos Classements sont assez parlants.
CHAMPAGNE : tout va très bien !
C’est la région qui a le mieux travaillé depuis 20 ans, les grandes maisons certes, mais ce sont surtout les producteurs qui ont le plus développé la qualité et leur image. Il existe une vraie entente cohérente entre grande maisons et viticulteurs, même s’il y a des jalousies, ils savent se respecter, négocient, régulent le marché...
Le résultat est probant, la Champagne est la seule appellation mondiale sans concurrence qui est en croissance extrêmement forte, qu’elle va poursuivre. Aucun Cava, ni mousseux, français ou étranger ne peut lutter qualitativement et en terme d’image avec le Champagne.
Ici, il y a également une notion de Cru, de terroir, ce qui n’existait pas auparavant, car on parlait plus de l’assemblage, qui demeure bien sûr un paramètre important.
Le Champagne a démontré que ce n’est pas uniquement un verre rempli de bulles mais qu’il y a une vraie typicité, une différence entre un Chardonnay planté au Mesnil-sur-Oger et un autre à Bouzy. C’est une force formidable que la Champagne ait compris que l’impact de son sol était à mettre en avant, qu’il ne s’agissait plus uniquement de vendre un vin de fête mais aussi un vin de table. Nous, cela fait des années, que nous le savions, nous avons suivi et soutenu l’évolution des vignerons champenois bien avant que leurs ventes ne se soient autant développées. Je me souviens que, beaucoup de professionnels, s’étonnaient, à l’époque, lorsque, dans mes classements, je plaçais en premier, parfois à côté de grandes maisons historiques, des vignerons totalement inconnus qui sont maintenant respectés dans le monde entier.
Tout a changé ici.
En gros, il reste une poignée de maisons familiales et exceptionnelles (Roederer, Pol Roger, Taittinger, Gosset, Thiénot...), d’autres, tout aussi respectables, intégrées dans des groupes (Philipponnat, Piper et Charles Heidsieck, Krug, Ruinart, Laurent-Perrier...), des coopératives de premier plan (Devaux, Vincent d’Astrée, Collin, De Castelnau...) et il y a une véritable explosion qualitative de la propriété (De Sousa, Peters, Ellner, De Telmont, Mignon, Bara, Geoffroy... et beaucoup d’autres).
BORDEAUX : la crise, les classements et la frime...
À Bordeaux, il faut faire des distinctions.
Il y a d’abord une dizaine de vins mythiques d’un niveau qualitatif exceptionnel mais très chers. Il est difficile d’en parler comme d’autres vins, car on entre dans le monde du luxe où l’image et la rareté comptent beaucoup.
Il y a ensuite la masse des grands crus classés, dont certains, beaucoup moins prestigieux, plus à la mode (pas mal de vins surbarriqués sont dans le lot), ont atteint des prix incautionnables, car, pour ceux-là, il est toujours question de rapport qualité-prix, ne leur en déplaise. Force est de constater que l’on retrouve ces bouteilles de moins en moins dans la restauration française et dans nos caves, leur prix devenant un frein réel. Ces vins-là, à forte valeur ajoutée, sont vendus majoritairement à l’export, délaissant, à tort, le marché français. Je me demande quelle serait la réaction du Japonais qui a sa cave remplie de ces vins-là, et ne les verrait pas en France.Il pourrait se demander s’il ne s’est pas fait avoir ?
Heureusement, il y a les très grands vins, très classiques, où l’élégance prédomine (Léoville-Barton, Montrose, Calon-Ségur, Lynch-Bages, Brane-Cantenac, Rauzan-Segla, Rauzan-Gassies, Desmirail...).
Dans le Libournais, on est toujours dans l’expectative. D’un côté les vrais grands vins marqués par des territoires que personne ne peut nier, de Petrus à de nombreux autres crus d’une typicité exceptionnelle, dans une gamme large, où l’élégance s’allie à la structure, selon les sols et rien d’autre, sans artifices (Magdelaine, Bélair, Certan de May, Lamarzelle, Beauregard, La Croix, Laroque, Guadet, Balestard...).
En face, il y a des vins bien différents (particulièrement à Saint-Émilion ou en Côtes-de-Castillon), beaucoup trop boisés, trop concentrés, desséchés, qui n’ont aucun intérêt mais nous ne parlerons pas d’eux, tant ils sont encensés de facon indécente par des “gourous” français ou étrangers.
À quoi bon créer des vins écœurants comme de l’encre, faire des “produits” à 15° quand la région bordelaise a, depuis toujours, su faire primer la distinction.
J’ai débuté avec des “pointures” mondiales comme Jacques de Loustaunau, Émile Peynaud, Ribéreau-Gayon, ils s’attachaient tous à défendre cet atout essentiel de Bordeaux : élever de grands vins capables d’associer la puissance et l’élégance, et la durée dans le temps. Jean-Claude Berrouet (œnologue de Petrus, entre autres) est dans la lignée.Il signe quelques-uns des plus grands vins du monde et sait que la (grande) qualité n’a rien à voir avec un élevage outrancier en bois neuf, ni à des artifices techniques.
Le marché intermédiaire (8 à 20 €) est un formidable vivier, qui fait la force de Bordeaux, dans toutes les appellations, aussi bien dans le Médoc, à Saint-Émilion, ses satellites, que dans les Graves ou les Côtes... On a plaisir à déguster des vins typés, très bien faits, qui bénéficient d’une belle série de millésimes grâce aux étés chauds, donnant des vins savoureux plus faciles à boire rapidement mais aussi d’un beau potentiel de garde.
Les 2004 et 2001 sont des millésimes que j’affectionne particulièrement, un peu à l’ombre des grands millésimes médiatiques et c’est dommage, car ils sont l’archétype classique du bordelais, où la finesse prédomine, des vins très prometteurs. Les viticulteurs font des efforts de qualité, sont efficaces, travaillent bien dans leur chai mais aussi à la promotion de leurs vins, car il ne s’agit pas de ne faire que bon, il faut le faire savoir.
La majorité élève ces vins dans la grande tradition bordelaise.
Il y a également une région où les vins sont exceptionnels, Pessac-Léognan, avec des crus envoûtants, en blanc comme en rouge. À Pomerol, les vins sont restés très typés, cela correspond aussi à la mentalité des propriétaires qui respectent leur terroir et ne se complaisent pas dans l’esbroufe. Saint-Émilion est une appellation qui fait encore parler d’elle avec un classement qui fait sourire (pour ne pas dire plus), tant des déclassements restent incompréhensibles, c’est navrant.
Cela amène le consommateur à penser qu’à Bordeaux on parle trop de classements, de jalousie, de prix, de frime et pas assez de qualité intrinsèque du vin et cela porte tort à toute la région, même aux Bordeaux les plus modestes.
Ajoutez à cela une vraie crise sociale snobée par quelques propriétaires et négociants qui préfèrent aller chercher ailleurs ce qu’ils devraient promouvoir venant de leur région.
En fin de compte, on se moque de savoir si un cru est classé ou non, que les Côtes soient réunies ou pas, ce qui importe, c’est ce qu’il y a dans la bouteille et le rapport qualité-prix-plaisir ! Ce qui compte, c’est de prendre du plaisir.
